Entêtantes, 
Si ces têtes hantent, 
C’est qu’elles montrent un état-limite, une humanité-limite, un visage déformé, tordu, aux expressions tantôt étranges tantôt insoutenables, mais un visage que malgré tout on reconnaît d’emblée comme étant l’un des nôtres, comme étant de la famille des hommes (« c’est son reflet que le visiteur voit » écrit Anzieu a propos d’autres têtes déformées, celles de Bacon), un visage donc en théorie inattaquable pour ceux qui veulent encore croire à la fameuse règle levinassienne ; c’est l’autre homme par excellence, celui qui nous implore de le regarder en face, de se regarder entre hommes, à la fois l’autre et le frère. 

Éric de Thoisy