Livre de tête
Les têtes sont là
Elles entrent dans la lumière ou elles sortent du noir
Comme vivantes elles sont de terre ou de poussière
Modelées à la hâte pour pallier la maladresse
Elles se transforment à l’épreuve de la lumière
Elles apparaissent avec une expression
De la poussière à la vie un chemin à rebrousse poil qui ne fait que grandir
Les têtes d’argile ne promettent rien
Seul le mouvement de la prise de lumière peut les faire naître
De la poussière un désir d’aura de vie à partager avec l’autre pour d’autres désirs et projets
Un appel à devenir
Les prises sont à l’aveugle comme pour prolonger le geste de la main
Le mouvement joue inlassablement avec la lumière
Comme pour toucher la vie la main bouge autour de la matière pour la faire vibrer
Toujours un sujet de distance de mesure de près de plus loin de combien?
D’emprise ou de lâcher
Percevoir des veines des rides des plis
Un sourire nerveux un œil inquiet des pensées sombres
Hors cadre échappée belle non voulue
Et reprendre essayer encore à modeler à creuser presser lisser
Afin de faire apparaître un visage inconnu mais déjà là
Le flou en art ne consiste ni à échapper à la réalité ni à la révéler mais à laisser plus de place aux émotions de la personne qui regarde à créer un véritable lien un échange égalitaire avec elle en un mot : une confidence
LD