Mon père décelait dans ce morceau de bois de buis une tête
Une tête de bois
Je le regardais deviner une tête
On n’y voit rien
Il disait que c’est une tête
Je le croyais mais n’y voyais rien
La projection de son regard sur le bois devint réalité,
Il devait se dégager une part de vivant qui faisait vivre le bois
Je ne dessinais pas
J’ai appris le dessin en école d’architecture
Je dessinais sans savoir dessiner
Me prolonger par le dessin de la perspective autour de moi
Des corps modelés vivants mais pas de têtes
Les têtes sont venues après le modelage
Comme si depuis la découverte de capacités à dessiner je ne fais que essayer voir
Voir et comprendre ce qui se joue entre nous et les représentations du monde
Le mouvement le désir
La foi
Il était une fois
Je suis architecte
Je modèle de la terre d’argile sans connaître mais avec le désir
Je photographie à l’aveugle parce que il doit y avoir de la vie présente dans ce bout de terre
Sans l’avoir vue
De la lumière la vie
Une émotion
LD